Il y a deux ans, je me souviens de ce matin de novembre où la pluie battait contre les vitres de mon petit appartement à Lausanne. Je regardais mon café refroidir, incapable de trouver la force de me lever pour aller travailler. Mon corps était là, mais mon esprit semblait s’être envolé, laissant une coquille vide face à un écran d’ordinateur allumé. Je m’appelle Camille, et à 34 ans, je vivais ce que beaucoup appellent un burn-out, mais que je ressentais plutôt comme une lente noyade dans les eaux troubles de ma propre vie professionnelle.
Depuis cinq ans, j’étais responsable marketing dans une entreprise de la région lémanique. Un poste que j’avais voulu, construit, et qui pourtant, jour après jour, me vidait de mon essence. Les réunions interminables, les objectifs toujours plus élevés, les emails qui s’accumulaient comme des dettes impayées… J’avais perdu le sens de ce que je faisais. Et surtout, j’avais perdu le sens de qui j’étais en dehors de ce rôle.
Un soir, après une énième crise d’angoisse dans les toilettes de mon bureau, j’ai tapé dans la barre de recherche : « thérapie professionnelle suisse romande ». Je ne savais pas exactement ce que je cherchais. Peut-être une bouée, peut-être une porte de sortie. Ce qui est certain, c’est que je ne m’attendais pas à trouver bien plus qu’une simple aide psychologique.
Un premier pas vers l’inconnu
La page qui s’est affichée m’a tout de suite parlé. « Synergie au travail » – le nom résonnait comme une promesse. Une thérapeute, coach et formatrice basée en Suisse romande, spécialisée dans l’accompagnement professionnel. J’ai hésité plusieurs jours avant de prendre rendez-vous. Il y avait cette peur, ce sentiment de honte mêlé à l’espoir. Mais un lundi matin, j’ai composé le numéro.
La première séance s’est déroulée dans un cabinet lumineux, près de la gare. La thérapeute m’a accueillie avec un sourire calme, sans jugement. Je me rappelle avoir pleuré pendant les vingt premières minutes, sans même pouvoir articuler une phrase complète. Elle ne m’a pas interrompue. Elle m’a simplement offert un verre d’eau et un silence bienveillant.
« Camille, m’a-t-elle dit doucement, vous n’êtes pas venue ici pour qu’on vous répare. Vous êtes venue pour retrouver ce qui est déjà en vous. »
Le miroir brisé de ma carrière
Les semaines qui ont suivi ont été un véritable voyage à l’intérieur de moi-même. Nous avons commencé par déconstruire ce que j’appelais ma « réussite ». À travers des exercices de coaching, j’ai réalisé que j’avais construit ma carrière sur des attentes qui n’étaient pas les miennes. Mon père, ingénieur, avait toujours valorisé la stabilité et le prestige. Ma mère, enseignante, prônait le service aux autres. Moi, j’avais tenté de combiner ces deux mondes, au prix de mon équilibre.
Un jour, la thérapeute m’a proposé un exercice de visualisation. « Fermez les yeux, m’a-t-elle dit. Imaginez votre journée de travail idéale, sans aucune contrainte extérieure. Que voyez-vous ? »
J’ai ri nerveusement. « Je vois… un atelier. Avec de la lumière naturelle. Et des gens qui créent des choses de leurs mains. »
Ce fut comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Pendant des années, j’avais étouffé cette passion pour le travail manuel, pour la création artisanale. Je m’étais convaincue que ce n’était pas « sérieux », pas « professionnel ». Mais cette image, ce désir profond, refusait de disparaître.
Le tournant : accepter de tout quitter
Le moment le plus difficile est arrivé trois mois après le début de ma thérapie professionnelle. J’avais pris conscience de mon besoin de changement, mais l’idée de quitter mon poste me terrifiait. Comment annoncer à ma famille, à mes Replica Patek Philippe Uhren collègues, que je voulais devenir… céramiste ? Le mot lui-même me semblait ridicule.
La thérapeute m’a alors proposé un exercice de « récit de vie ». Nous avons retracé mon parcours, non pas en termes de postes et de diplômes, mais en termes de moments de joie et de fierté. Et là, j’ai vu un fil rouge : chaque fois que j’avais été vraiment heureuse au travail, c’était quand je pouvais toucher, modeler, créer quelque chose de tangible. Mes stages d’été chez un potier, les ateliers de bricolage avec mon grand-père, même la façon dont j’organisais les présentations produits avec une attention presque artistique aux détails.
« Vous n’avez pas à tout quitter du jour au lendemain, m’a rassurée la thérapeute. Mais vous devez commencer Replika Hublot Ure à faire de la place pour cette partie de vous. »
Nous avons alors élaboré un plan progressif. J’ai commencé par prendre un cours de céramique le samedi matin. Puis j’ai réduit mon temps de travail à 80%. Chaque petit pas était accompagné d’un travail sur mes croyances limitantes, sur cette voix intérieure qui me répétait que je n’étais pas assez bonne, pas assez légitime.
La renaissance au cœur de la Suisse romande
Un an plus tard, je me tiens aujourd’hui dans mon propre atelier, à quelques kilomètres de Lausanne. Les murs sont blancs, la lumière inonde l’espace, et mes mains sont couvertes d’argile. Je ne gagne pas encore ma vie uniquement grâce à la céramique, mais j’ai trouvé un équilibre. Je travaille trois jours par semaine en tant que consultante en marketing pour des artisans locaux – une activité qui a du sens pour moi – et le reste du temps, je crée.
Ce que j’ai appris au cours de cette thérapie professionnelle en Suisse romande, c’est que le burn-out n’était pas une fin, mais un signal. Un signal fort que mon âme professionnelle criait pour être entendue. La thérapeute ne m’a pas donné de solutions toutes faites. Elle m’a offert des outils, un cadre, et surtout, la permission de me réinventer.
Je repense souvent à cette phrase qu’elle m’a dite lors de notre dernière séance : « Le travail n’est pas seulement ce que vous faites pour gagner votre vie. C’est aussi ce que vous faites pour donner vie à ce qui est en vous. »
Aujourd’hui, quand je vois l’argile prendre forme sous mes doigts, je sais que j’ai retrouvé le fil de ma vie professionnelle. Et si vous lisez ces lignes, peut-être que vous aussi, vous sentez ce frémissement, cette petite voix qui vous appelle vers autre chose. Écoutez-la. Parfois, il suffit d’un premier pas, d’une main tendue, pour que le chemin s’éclaire.